Passer au contenu principal
Revenir aux articles

Désherber autrement : quelles alternatives aux pesticides ?

Environnement02/09/2026

Toujours dans le cadre de la série consacrée à la gestion différenciée, cap désormais sur les alternatives aux pesticides.

Depuis le 1er juin 2019, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques est interdite dans les espaces publics en Wallonie. Cette évolution a amené les communes à adapter leurs pratiques d’entretien et à privilégier des méthodes alternatives.

Mais concrètement, comment entretenir nos espaces publics sans pesticides ?

Il n’existe pas une seule solution. Selon les endroits, plusieurs techniques peuvent être utilisées :

Le désherbage manuel
Idéal pour les petites surfaces et les endroits difficiles d’accès. Il permet d’intervenir de manière précise, mais demande davantage de temps et de main-d’œuvre.

Le désherbage mécanique
Brosses, outils et machines permettent d’éliminer la végétation sur les trottoirs, caniveaux, pavés et autres surfaces minérales.

Le désherbage thermique
La chaleur, produite notamment par de l’eau chaude ou de la vapeur, permet d’affaiblir la végétation. Plusieurs passages peuvent toutefois être nécessaires.

Le paillage
Plutôt que d’attendre l’apparition des plantes indésirables, on couvre le sol pour limiter leur développement. Le paillage aide également à conserver l’humidité et à protéger les sols.

La végétalisation : « enherber plutôt que désherber »
Un sol couvert par des végétaux adaptés laisse moins de place aux plantes spontanées. Pieds d’arbres, massifs et espaces verts peuvent ainsi être végétalisés.

La prévention
Choisir les bonnes plantes, couvrir les sols, pailler, planter suffisamment densément et concevoir des aménagements faciles à entretenir permettent de réduire les interventions.

Faut-il désherber partout ?

Pas nécessairement ! Une plante spontanée qui ne gêne ni le passage, ni la visibilité, ni l’accessibilité peut parfois être tolérée. Elle peut même offrir des ressources aux insectes et à la biodiversité.

En revanche, lorsque la végétation gêne un passage, masque un panneau, réduit la visibilité ou présente un risque pour les usagers, une intervention reste nécessaire.

L’objectif n’est donc pas d’éliminer toute végétation, mais de la maîtriser là où c’est nécessaire.

Dans la pratique, nos équipes combinent différentes méthodes selon les lieux et les besoins. C’est le principe de la gestion différenciée : tous les espaces publics ne nécessitent pas le même niveau d’entretien.

Et chacun peut agir à son échelle !

Dans nos jardins aussi, il est possible de limiter l’utilisation de produits phytopharmaceutiques :

  • pailler les plantations,
  • couvrir les sols,
  • désherber manuellement lorsque c’est nécessaire,
  • choisir des végétaux adaptés (espèces indigènes en station),
  • accepter une certaine végétation spontanée lorsqu’elle ne pose pas de problème.

Désherber autrement, c’est aussi changer notre regard sur nos espaces publics.

Un pied d’arbre végétalisé ou quelques plantes spontanées ne signifient pas que l’espace est abandonné. Ils peuvent témoigner d’une nouvelle manière, plus durable, de gérer notre environnement.

Prévenir, végétaliser, intervenir au bon moment et accepter davantage de biodiversité : voilà les clés d’un entretien sans pesticides.